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Eugène Delacroix

Etude pour la vierge du Sacré-Cœur

1821
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Il vient de m’arriver une commande [...] C’est un tableau pour un évêque de Nantes [...] il faut [...] en avoir fait des esquisses peintes et des ébauches pour les soumettre audit évêque , écrit Eugène Delacroix à sa sœur Henriette de Verninac le 28 juillet 1820. A l’origine, le destinataire de cette commande, une grande toile représentant la Dévotion au Sacré-Cœur de Jésus et de Marie, est le peintre Théodore Géricault (1791 – 1824) qui la cède, en secret, à Delacroix. Ce dernier exécute en 1821 cette petite esquisse très proche de la composition définitive du tableau, finalement placée dans la cathédrale d’Ajaccio en Corse.

Les péripéties d’une commande

Le 31 décembre 1819, Théodore Géricault (1791 – 1824) reçoit de la direction des musées la commande d’une peinture sur le thème de la Vierge du Sacré-Cœur. Probablement peu tenté par le sujet, le peintre confie clandestinement le travail à Delacroix, lui-même gardant le privilège de la signature. Le tableau est achevé à la fin de l’année 1821.

Pourtant destiné à la cathédrale de Nantes, les autorités religieuses le rejettent. Il est alors envoyé en 1827 à la cathédrale d’Ajaccio, sous le nom de Géricault. En 1842, la supercherie est dévoilée mais on ne connaîtra la localisation exacte du tableau qu’en 1930.

Je travaille à tâtons

Dès juillet 1820, Delacroix se met au travail et sa correspondance témoigne de ses difficultés d’inspiration et de composition L’idée de ce tableau que j’ai à faire me poursuit comme un spectre. [...] tout ce que j’ai voulu chercher n’a été que misérable, avoue-t-il à son ami Pierret le 20 octobre 1820. Dans le catalogue de la vente posthume de Delacroix (1864) figurent au n°303 dix-neuf feuilles pour un tableau du Sacré-Cœur à Nantes . Plusieurs études sont conservées au musée du Louvre. Le musée Delacroix possède deux petites aquarelles et un dessin. Tous témoignent des recherches laborieuses du peintre.

La composition définitive

C’est en définitive une composition proche du style monumental du peintre Théodore Géricault (1791 – 1824) que présente la petite esquisse du musée Delacroix, ne différant pas sensiblement du tableau de la cathédrale d’Ajaccio, excepté par ses dimensions. À n’en pas douter, le peintre se devait d’imiter la manière de son ami, qu’évoquent aussi la palette des tons ocres et bruns, les bleus et les rouges foncés.

La réalisation par Delacroix de la Vierge du Sacré-Cœur marque le début d’une longue suite d’œuvres d’inspiration religieuse qui trouvent leur apothéose dans les magistrales peintures murales de l’église Saint-Sulpice.

Bibliographie

  • André Joubin, Correspondance générale de Delacroix, Paris, 1936.
  • Bruno Chenique, Géricault-Delacroix, La barque de Dante ou la naissance du romantisme révolutionnaire, Paris, 2015
  • Delacroix, la naissance d’un nouveau romantisme, Paris : RMN, 1998, cat. Collectif, expo présentée au MBA de Rouen 1998
  • Les récentes acquisitions des Musées Nationaux, dans La Revue du Louvre, 1986 n°1, (Notice de l’achat de l’esquisse par le Musée Delacroix).