FERMER
arrow left notice
Eugène Delacroix

Etude pour Le Christ au Jardin des Oliviers

Vers 1823 - 1826
arrow right notice
zoom img

C’est en 1824 que Delacroix reçut la commande, par le préfet de la Seine, du tableau Le Christ au Jardin des Oliviers pour l’église Saint-Paul-Saint-Louis dans le Marais à Paris. L’œuvre conservée au musée Delacroix est liée à l’élaboration de la grande toile.
Cette œuvre remarquable montre le Christ le soir de son arrestation, après le repas pris avec ses disciples. Delacroix a su rendre la double nature du Fils de Dieu, humaine et sacrée. Conscient de son destin, il éloigne d’une main les anges qui l’invitent à échapper à ses souffrances et à sa Passion à venir. A gauche, dans le lointain, montent les soldats venus l’arrêter.

Une représentation puissante où l’émotion est sensible

Il s’agit pour Delacroix de sa première grande commande officielle d’un tableau religieux. Le jeune peintre traite le sujet avec originalité. Avec une étonnante audace iconographique, il représente trois anges éplorés que le Christ repousse de la main. Ces trois figures lui permettent de mettre en scène le combat intérieur du Christ, homme et Dieu. À l’arrière-plan du tableau, quelques touches incandescentes signalent l’arrivée tragique des soldats. Elles s’opposent au halo céleste des anges par un saisissant effet de clair-obscur dont Delacroix avait trouvé l’inspiration chez les maîtres espagnols.

Au-delà de la tradition iconographique religieuse, Delacroix livre une vision toute passionnelle et personnelle d’un thème qu’il développa ensuite : il réalisa un pastel, deux toiles et plusieurs dessins très achevés entre 1847 et 1851. Il mit l’accent sur la tristesse et la mélancolie des anges, sur le geste de refus très expressif du Christ, avec une rare économie de moyens.

La lutte de Jacob avec l’Ange, écho au Christ au Jardin des Oliviers

Le tableau final fut présenté au Salon de 1827, avant de rejoindre son emplacement définitif dans l’église. Il conserva pour Delacroix une importance fondamentale, attestée par le souhait du peintre d’en obtenir la dépose en 1855 pour la rétrospective qui lui fut consacrée lors de l’Exposition universelle de 1855.

Delacroix était alors engagé dans le chantier de la chapelle des Saints-Anges à l’église Saint-Sulpice. Son interprétation monumentale de La Lutte de Jacob avec l’ange entra alors singulièrement en résonance avec le combat spirituel du tableau de 1827.

Bibliographie

  • Christophe Leribault (dir.), Une Passion pour Delacroix. La Collection Karen B. Cohen, catalogue exposition (Paris, musée national Eugène-Delacroix, 2009-2010), Paris, Editions musée du Louvre – Le Passage, 2009
  • Dominique de Font-Réaulx (dir.), Une lutte moderne. De Delacroix à nos jours, catalogue exposition (Paris, musée national Eugène-Delacroix, 2018), Paris, Editions musée du Louvre – Le Passage, 2018