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La mort de Sardanapale, d’après Eugène Delacroix
Hippolyte Poterlet

La Mort de Sardanapale

1826
Etude pour Le Christ au Jardin des Oliviers
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La Mort de Sardanapale peinte par Eugène Delacroix pour le Salon de 1827 et actuellement exposé au musée du Louvre est considérée comme un des tableaux majeurs de l’artiste. Bien qu’elle fut négativement critiquée lors de sa conception, la peinture monumentale fut copiée par de nombreux peintre contemporain de Delacroix, comme Frédéric Villot (1808-1875) ou Hippolyte Poterlet (1803 – 1835).

Issu d’une famille de décorateurs, Hippolyte Poterlet (1803 – 1835) a à peine seize ans quand il rencontre dans les galeries du Louvre Eugène Delacroix, alors âgé d’une vingtaine d’années. Les jeunes gens se lient d’amitié. Dessinateur, peintre et graveur, Poterlet appartint au premier cercle des amitiés artistiques du jeune Delacroix.

Prématurément disparu, Potelet n’a pas le temps de concevoir les œuvres que laisse espérer son talent. Les liens qu’il a tissés avec Delacroix furent cependant assez étroits pour que ce dernier l’acceptât dans son atelier alors qu’il peignait La Mort de Sardanapale, qu’il présenta au Salon de 1827. En 1858, Delacroix écrit à propos de son ami ces mots émouvants :

je ne parle pas de Bonington, mort aussi dans sa fleur qui était mon camarade, et avec lequel – ainsi que Poterlet, autre mort prématuré en qui la peinture a perdu beaucoup (celui-ci était français) -, je passais ma vie à Londres au milieu des enchantements.[…]

La Mort de Sardanapale par Poterlet acquise en vente publique à Londres est fidèle à celle de Delacroix. Elle reprend la composition tournoyante qu’avait osée le peintre. Bien que les rouges dominent, la gamme colorée est un peu plus assourdie que sur la grande toile flamboyante. Les personnages sont vivement esquissés, d’un trait habille ; une interprétation qui laisse parfois apparaître certains éléments dans une contradiction amusante, plus médiéval qu’oriental.
L’acquisition de cette peinture est importante pour le musée Delacroix. Elle permet de présenter en regard des interprétations de La Mort de Sardanapale par Frédéric Villot au Madeleine Dinés (1906-1996), une nouvelle variation sur ce chef-d’œuvre de la peinture romantique.

Bibliographie :

Grande Galerie, Acquisitions, n°42, déc 2017/ janv 2018