Musée National Eugène Delacroix
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Le nouveau jardin

Visites exceptionnelles les 29 juin, 6, 20 juillet et 27 juillet de 15h à 16h par Pierre Bonnaure et Sébastien Ciret

01.Le jardin rénové du musée©MC Mégevand
01.Le jardin rénové du musée
©MC Mégevand
02.Eugène DelacroixCorbeille de fleurs©RMN-GP, R-Ojéda
02.Eugène Delacroix
Corbeille de fleurs
©RMN-GP, R-Ojéda
03.Eugène DelacroixFleurs dans un vase et fruits©Belvedere, Vienne
03.Eugène Delacroix
Fleurs dans un vase et fruits
©Belvedere, Vienne
05.Le cerisier du jardin en fleurs©DR
05.Le cerisier du jardin en fleurs©DR
06.Le jardin en fleurs©MC Mégevand
06.Le jardin en fleurs
©MC Mégevand

Le jardin du musée Eugène Delacroix, que l’on découvre après avoir traversé la dernière demeure occupée par le peintre, constitue une des parties essentielles du musée, au même titre que les pièces de l’appartement ou l’atelier. Sa rénovation, achevée en décembre 2012, est donc récente. Un jardin à la floraison généreuse et conforme aux goûts d’Eugène Delacroix s’offre désormais aux visiteurs.

Des visites exceptionnelles, dirigées par Pierre Bonnaure, jardinier en chef des Tuileries, avec Sébastien Ciret, concepteurs et réalisateurs du jardin, auront lieu les samedis 29 juin, 6, 20 juillet et 27 juillet de 15h à 16h.

Historique

Lorsque Delacroix décida de quitter son grand atelier de la rue Notre-Dame-de-Lorette, au sein du quartier de la Nouvelle-Athènes, alors si à la mode, le choix de la rue Fürstenberg fut en grande partie conforté par l’existence du petit jardin dont il pouvait avoir la jouissance exclusive avec la possibilité d’y construire un atelier. Au cœur d’un quartier animé, il pouvait ainsi évoluer dans un îlot de verdure et de tranquillité. Dans ce jardin, d’environ 400 m², invisible depuis la rue, le peintre fit donc construire son atelier.

Aussitôt après son installation, le 28 décembre 1857, il note dans son Journal : "Mon logement est décidément charmant. J’ai eu un peu de mélancolie après dîner de me retrouver transplanté. Je me suis peu à peu réconcilié et me suis couché enchanté. Réveillé le lendemain en voyant le soleil le plus gracieux sur les maisons qui sont en face de ma fenêtre. La vue de mon petit jardin et l’aspect riant de mon atelier me causent toujours un sentiment de plaisir."

Delacroix aimait la nature. Son Journal et sa Correspondance permettent de le suivre au cours des nombreux séjours qu’il fit à la campagne (Champrosay, Augerville, Nohant, Croze,...) ou au bord de la mer (Fécamp, Dieppe...). Son œuvre témoigne également de cet attrait pour la nature. A partir de 1845, le peintre s’attacha en effet à l’étude de la nature pour elle-même. George Sand, témoin de ses premiers essais, rapporta une anecdote datant d’un des premiers séjours effectués par le maître à Nohant, en 1845 : "J’ai vu Delacroix essayé pour la première fois de peindre des fleurs. Il avait étudié la botanique dans son enfance, et comme il avait une mémoire admirable, il la savait encore (...). Je le surpris en extase de ravissement devant un lis jaune dont il venait de comprendre la belle architecture." (George Sand, Nouvelles lettres d’un voyageur, Paris : Calmann-Lévy, 1877)

C’est sans doute lors d’un de ces premiers séjours dans la propriété de la romancière, entre 1848 et 1850, que Delacroix dut exécuter le Bouquet de fleurs (Paris, musée du Louvre,), mis en dépôt au musée Eugène Delacroix. Celui-ci possède également une Etude de fleurs, représentant un pavot, une pensée et une anémone, réalisée au cours des mêmes années. C’est aussi en février 1849 que Delacroix rencontra le botaniste Adrien de Jussieu (1797-1853) dont il rapporta la conversation dans son Journal. A cette époque, les écrits du peintre révèlent une curiosité quasi-naturaliste pour toutes les choses de la nature. Enfin, Delacroix travailla à cinq compositions florales qu’il souhaitait proposer au Salon de 1849 ; il n’en exposa finalement que deux, Corbeille de fleurs renversée dans un parc (New York, The Metropolitan Museum of Art) et Corbeille contenant des fruits posée dans un jardin (Philadelphie, Philadelphia Museum of Art), d’un format rectangulaire, en partie plus conformes à la tradition du genre, mais cependant profondément originales.

Un jardin rénové

Concernant l’état ancien du jardin, le musée possède un document essentiel, intitulé : "mémoire de jardinage pour le compte de Monsieur Delacroix", daté du 26 novembre 1857. Il faisait partie des documents conservés par le légataire universel du peintre, Achille Piron, et dont la plus grande partie a pu être acquise par les archives des musées nationaux lors d’une vente publique en 1997. Cette facture détaille les interventions successives : d’abord une remise en état du sol, un élagage et la taille des massifs existants et de la vigne, la création de massifs de fleurs bordés de thym et la plantation d’un grand nombre de rosiers divers, groseilliers, framboisiers ainsi que plusieurs arbres. Le jardin devait avoir une végétation dense et très variée. Cependant, ce document, s’il souligne l’intérêt de Delacroix pour la remise en état du jardin, n’apporte pas d’indications précises sur la configuration du jardin lors de l’installation du peintre ou sur les plantations effectuées et il n’existe aucun croquis, même sommaire, du jardin. Une reconstitution historique s’avérant délicate, une première rénovation, en 1999, a adopté une orientation délibérément contemporaine.

Une approche plus sensible, répondant mieux à l’atmosphère générale du lieu, est désormais proposée aux visiteurs depuis décembre 2012. Entièrement financé grâce au mécénat du japonais Kinoshita, le projet, mis en oeuvre par Pierre Bonnaure, jardinier en chef des Tuileries, se rapproche davantage des écrits de Delacroix qui évoquent son plaisir pour un jardin de campagne foisonnant. Inspiré de ses compositions florales qui offrent un échantillon de fleurs appréciées par le peintre et d’une relecture plus précise des documents conservés, ce nouveau jardin retrouve ainsi sa place centrale dans la visite de ces lieux inspirés au même titre que l’atelier et l’appartement.

L’exposition ainsi que la rénovation du jardin, bénéficient du soutien de KINOSHITA HOLDINGS CO., LTD.

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