Musée National Eugène Delacroix
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Lettre d’Eugène Delacroix à Théophile Gautier

Eugène Delacroix (1798-1863)

01. © RMN / G. Blot

Eugène Delacroix
(1798-1863)

MD 1990-3
Lettre autographe signée, datée du 4 août 1861
Achat, 1990
1 p. in-8°

Delacroix, ayant achevé en juillet 1861 la décoration de la chapelle des Saints-Anges à l’église Saint-Sulpice, lance des invitations aux personnalités et aux amis susceptibles, comme Théophile Gautier (1811-1872), écrivain et journaliste, d’émettre leur avis sur son travail.

" Mille, mille grâces de votre poétique et si bienveillant article, et de l’empressement que vous avez mis à le faire..." écrit Delacroix à Gautier dans cette lettre datée du 4 août 1861, en réponse à sa prose élogieuse parue dans le Moniteur universel du 3 août 1861.

 

La chapelle des Saints-Anges de l’église Saint-Sulpice

La décoration de la chapelle des Saints-Anges de l’église Saint-Sulpice fut commandée à Delacroix en avril 1849 ; il choisit alors de représenter au plafond L’archange Saint-Michel terrassant le démon, sur les murs Héliodore chassé du temple et, souvent considérée par les historiens comme son testament spirituel, La lutte de Jacob avec l’ange. Cependant, le peintre ne se donne totalement à son travail qu’après l’achèvement de la décoration du salon de la Paix de l’Hôtel de Ville en 1854. Fatigué par la maladie, il se rapproche de son chantier en s’installant rue de Furstenberg en décembre 1857 et déploie jusqu’au bout une énergie magnifique, comme en témoigne son Journal au 1er janvier 1861 : "La peinture me harcèle de mille manières en vérité, comme la maîtresse la plus exigeante ; depuis quatre mois, je fuis dès le petit jour et je cours à ce travail enchanteur, comme aux pieds de la maîtresse la plus chérie".

La critique de Théophile Gautier

Son chantier terminé, le peintre s’emploie à lancer des invitations du 22 juillet à la fin de ce même mois. Théophile Gautier (1811-1872) semble être le premier à voir l’œuvre pratiquement achevée. Le 3 août, il fait paraître dans le Moniteur universel un article élogieux, reflet de l’intérêt soutenu qu’il n’a cessé de porter à l’œuvre de Delacroix depuis 1832. Comme à chaque rendez-vous important avec le public, Delacroix a exploité l’autorité acquise par l’écrivain ; il est donc normal qu’il remercie sans plus tarder l’auteur de Mademoiselle Maupin (1835), Emaux et camées (1852), du Roman de la momie (1858) : "Mille, mille grâces de votre poétique et si bienveillant article, et de l’empressement que vous avez mis à le faire. Vous m’avez gâté si souvent que je finis par croire à tout ce que votre amitié écrit à mon adresse ; j’oublie trop que votre imagination ajoute à mes inventions et que votre style y met le vernis."

Le musée conserve deux autres lettres de Delacroix à Théophile Gautier ; la première datée du 22 juillet 1855 fait suite à l’article de Gautier publié dans le Moniteur universel à propos des tableaux présentés à l’Exposition universelle : "...il faut reconnaître aussi que les éloges encouragent et soutiennent. Vous pensez très justement que les vôtres ont eu cet effet. La moindre goutte de cette rosée suffirait pour adoucir bien des coupes d’absinthe assez dures à digérer."

La seconde a été écrite en juillet 1861 et précède l’article sur la chapelle des Saints-Anges.

Documentation

Snell Robert, Théophile Gautier, A Romantic Critic of Visual Art, Oxford, 1982.

Théophile Gautier, Critique d’Art - Extraits des Salons (1833 - 1872), Séguier, 1994, pp.160-184.

Charles Baudelaire, Théophile Gautier, Correspondances esthétiques sur Delacroix, Olbia, 1998.

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