MD 2002-173
13 août 1863
Lettre autographe signée
Don Société des Amis du musée Delacroix, 2002
1 p. in-8°
Entrée au service de Delacroix vers 1835, Jenny le Guillou (1801-1869) lui fut fidèle jusqu’au dernier souffle, le veillant au cours de la nuit où il expira. Théophile Silvestre rapporte ces derniers instants : "Depuis deux heures, il regarda presque toujours Jenny, les mains dans ses mains. Incliné du côté gauche, et fort oppressé, il entendit l’angélus de Saint-Germain-des-Prés, et fit un petit mouvement. Vers sept heures moins un quart, il respirait encore...A sept heures, c’était fini."
Originaire du Finistère, Jenny le Guillou entra vers 1835 au service de Delacroix et y resta jusqu’à sa mort. Elle remplit d’abord le rôle de la fidèle gouvernante, épargnant au peintre tout souci matériel et devint au fur et à mesure son amie et confidente. Delacroix écrit dans son Journal le 3 octobre 1855 éprouver un vif plaisir à revoir la "petite figure maigre aux yeux pétillants de bonheur [...], le seul être dont le coeur soit à moi sans réserve".
Lorsque la santé de Delacroix commença à s’altérer sérieusement, Jenny le Guillou entoura le peintre de toutes ses attentions et n’hésita pas à prévenir parents et amis de son maître que celui-ci parvenait au terme de sa vie. Elle reprit sa plume hésitante pour leur annoncer sa mort, survenue le 13 août 1863 à 7 heures du matin. A Léon Riesener, cousin de Delacroix, elle adresse ainsi ce court billet, dont le laconisme souligne la cruauté de l’information : " Monsieur, depuis que Monsieur Delacroix vous avait écrit il est devenu bien plus malade et j’étais tellement inquiète et tourmentée ; et comme vous disiez que vous deviez venir pour le voir, je ne vous ai pas écrit ; et Monsieur est mort ce matin à 7 h. "
Théophile Silvestre, Eugène Delacroix, Documents nouveaux, Paris, 1864, pp. 59-64