Musée National Eugène Delacroix

Sacoche à pistolets

Anonyme

@ RMN / F. Raux / R-G. Ojéda

Anonyme

Maroc
Début du XIXe siècle (?)
Cuir brodé
H. 0,320 m ; L. 0,180 m
Don Mme Veuve Etienne Cournault à la Société des Amis d’E. Delacroix, 1952 ; reversement au musée E. Delacroix, 2002
MD 2002-214

Cet étui piriforme, équipé d’une lanière en cuir et d’une bride, est destiné à recevoir deux pistolets. Parmi la riche collection d’objets marocains que possède le musée, de nombreux autres sont également en cuir : sacoches (en arabe choukara), cartouchière, poire à poudre ou encore corne à poudre. Tous proviennent de la collection de Charles Cournault (1815-1914), peintre orientaliste à qui Delacroix légua la plupart de ses souvenirs du Maroc.

 

Richement décorée, cette sacoche à pistolets est composée de deux espaces de rangement, délimités par une couture centrale. La pochette extérieure est rehaussée d’un motif brodé de fils colorés (rouge, jaune paille, vert, bleu et écru), légèrement usés. Le décor est composé d’une arabesque dont les branches sont terminées par un dessin de rosettes aux pétales alternativement rouges et jaunes. Des palmettes bleues et vertes ornent les écoinçons et un motif de fleuron écru, bleu et vert figure de part et d’autre de la couture, inscrit dans un cartouche brodé.

Le voyage au Maroc de Delacroix

En 1832, Eugène Delacroix a accompagné au Maroc le comte Charles de Mornay, ambassadeur extraordinaire envoyé par Louis-Philippe auprès du Sultan Muley Abd-err-Rahmann. Ce séjour, d’une durée d’environ de six mois, de janvier à juillet, eut sur lui une influence déterminante : la terre africaine lui révéla non seulement la noblesse d’un peuple, "l’Antiquité vivante", mais également la splendeur de la lumière. Il en rapporta de nombreuses études ainsi que divers souvenirs tels que des instruments de musique, des céramiques, des textiles, des sabres ou encore des cuirs dont cette sacoche à pistolets. Comme autant d’éléments de nature morte, ces accessoires figurent dans de nombreuses œuvres d’inspiration marocaine, par exemple Garde de corps à Meknès (Wuppertal, Von der Heydt Museum), Chef marocain appelant ses compagnons (Norfolk, The Chrysler Museum of Art) ou Deux arabes assis (Bordeaux, musée des Beaux-Arts). Telle une signature, ils prennent souvent place dans un angle en bas de la toile.

Charles Cournault et Delacroix

Le musée conserve quelques-uns de ces principaux souvenirs qui ont été donnés à la société des Amis d’Eugène Delacroix par Etienne Cournault, le petit-fils de Charles Cournault (1815-1904). En 1839, celui-ci fit un rapide passage dans l’atelier de Delacroix avant d’effectuer trois voyages en Algérie, en 1840,1843 et 1846. Entre 1847 et 1851, il noua des contacts plus étroits avec Delacroix, partageant la même fascination pour l’Afrique du Nord, amitié qui se distança un peu lors de son installation définitive en Lorraine, à la suite de son mariage. Cependant, Delacroix ne l’oublia pas et, lorsqu’il rédigea son testament, légua à Charles Cournault sa collection d’objets marocains.

Documentation

Lee Johnson, "La collection Charles Cournault", in Bulletin de la Société de l’Histoire de l’Art français, 1978, p. 249 - 262

Collectif, Couleurs Maroc. Delacroix et les arts décoratifs marocains des XVIIIème et XIXème siècles, catalogue exposition Bordeaux, musée des Arts décoratifs, 2002, n°103.

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