Musée National Eugène Delacroix
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Vièle arabe (rabab, ’ud)

© Vièle arabe (rabab, ’ud) RMN Gérard Blot

Maroc
Début du XIXe siècle
Bois, ivoire, nacre, cuir, peau, passementerie
H. 0,409 m
Don Mme Veuve Etienne Cournault à la Société des Amis d’E. Delacroix, 1952 ; reversement au musée E. Delacroix, 2002
MD 2002-181

Au cours de son séjour au Maroc (fin janvier - juillet 1832), Delacroix eut l’occasion de voir divers instruments de musique tels que des vièles et des luths. Cette vièle, dont l’usage remonterait à la plus haute antiquité, est encore utilisée de nos jours au Maroc où elle est considérée comme l’instrument privilégié de la musique arabe. A l’instar d’autres instruments de musique que conserve également le musée, celui-ci provient d’un ensemble d’objets marocains que Delacroix a légué à Charles Cournault (1815-1904), peintre qui fit plusieurs voyages en Algérie et avec qui il se lia d’amitié.

 

Cette vièle est formée d’une caisse de résonance en bois évidé, recouverte de peau (sans doute une peau de mouton), et percée de deux trous sur le côté. Le plat supérieur est orné d’un décor sculpté et ajouré, composé de deux rosaces superposées et de deux médaillons étoilés, avec une incrustation de petits morceaux de nacre. Des motifs de fleurons et de lignes géométriques agrémentent le décor.

Au Maroc, quelques musiciens de Mogador

En 1832, Eugène Delacroix a accompagné la mission diplomatique du Comte de Mornay auprès du Sultan du Maroc Muley Abd-err-Rahmann. Pendant six mois, il a parcouru le pays de Tanger à Meknès et a également visité, sur le chemin du retour, le sud de l’Espagne et l’Algérie.

Lors de ce séjour, Delacroix eut notamment le privilège de voir de près, à l’occasion de concerts ou de fêtes, des luths classiques de forme évasée, appelés aoud. Le dessin rehaussé d’aquarelle exécuté à cette occasion (Deux études d’aoud arabe, Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques) lui servit sans doute de point de départ pour diverses études, de même technique, figurant des musiciens juifs ou marocains, comme Musiciens juifs de Mogador (Paris, musée du Louvre, département des Peintures) ou Comédiens et bouffons arabes (Tours, musée des Beaux-Arts). Ces représentations attestent du grand intérêt de Delacroix pour ces instruments dont les sonorités étaient si différentes de celles auxquelles il était habitué. Le peintre rapporte ainsi dans son Journal, le 30 mars 1832, « l’empereur nous a envoyé quelques musiciens de Mogador. C’est tout ce qu’il y a de mieux dans l’empire ».

La noce juive au Maroc

Réalisée en 1834, la célèbre toile de la Noce juive au Maroc (Paris, musée du Louvre, département des Peintures), qui représente également des musiciens, a été inspirée par l’une des soirées auxquelles Delacroix a assisté à Tanger. Ainsi, le 21 février 1832, le peintre relate dans son Journal : « La noce juive. Les Maures et les juifs à l’entrée les deux musiciens. Le violon. Le pouce en l’air. La main. L’archet. Le dessous de l’autre main très ombré. Clair derrière. Le haïk sur la tête transparent par endroits. Manches blanches, sombre au fond celle du violon. Assis sur ses talons et la gelabia. Noir entre les deux en bas. Le fourreau de la guitare sur le genou du joueur (...) ».

La collection d’objets marocains du musée

Le musée national Eugène Delacroix possède un fonds important d’objets marocains provenant de la collection d’Etienne Cournault, petit-fils du peintre Charles Cournault (1815-1904) à qui Delacroix les avait légués. Entre 1847 et 1852, Charles Cournault entretint d’étroites relations avec le peintre, partageant notamment sa passion pour l’Afrique du Nord. Il réalisa en effet plusieurs séjours en Algérie dont il rapporta des recueils d’études et des souvenirs arabes qu’il n’hésita pas à mettre à la disposition de Delacroix.

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