Musée National Eugène Delacroix
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Etude pour Jacob luttant avec l’Ange

Eugène Delacroix (1798-1863)

© RMN / H. Lewandovski

Eugène Delacroix
(1798-1863)

Graphite
1850
H. 0,245 m ; L. 0,325 m
En bas à g., cachets des coll. Darcy et coll.Gobin
En bas à d., cachet de la coll. Gobin
Don Francis Gobin en mémoire de son père Maurice Gobin, 1997
MD 1997-2

Parmi les sujets peints par Delacroix pour la chapelle des Saints-Anges de l’église Saint-Sulpice à Paris, la Lutte de Jacob avec l’Ange, que relate le chapitre 32 de la Genèse, est certainement l’une des compositions les plus puissantes de l’artiste. Si elle exalte au premier regard la beauté de la nature avec ses arbres immenses aux troncs tortueux, son sujet principal reste l’étrange couple de lutteurs qui, au terme d’un combat emblématique d’une quête esthétique ou spirituelle, voit Jacob blessé mais invaincu. Dans cette œuvre ultime, achevée en 1861, Delacroix livre son dernier combat.

 

La genèse d’une œuvre

Pourtant commandé en 1849, le décor de la chapelle de l’église Saint-Sulpice fut ajourné par des travaux plus urgents pour n’être achevé qu’en juillet 1861, deux ans avant la mort de l’artiste. Il est probable que la feuille d’étude que possède le musée Delacroix a été réalisée en 1850, alors que le peintre dit travailler « aux croquis pour Saint-Sulpice à soumettre à la préfecture » (Journal, 27 février 1850).


Une attaque frontale

L’attaque frontale de Jacob, le genou haut levé, marque sa détermination absolue au combat : la composition définitive conserve ce même mouvement offensif. D’un crayon rapide et léger, Delacroix suggère presque un mouvement dansant où l’Ange aux ailes juste esquissées pare l’attaque et blesse Jacob à la cuisse ; il est cependant loin d’évoquer la stabilité sereine et inébranlable de l’Ange sans nom aux ailes bien verticales que, dans ce très long combat nocturne, il incarnera finalement sur les murs de la chapelle.

Un combat esthétique ou spirituel

Le peintre a effectivement mené toute sa vie la lutte en solitaire de l’artiste se mesurant dans l’acte créateur avec lui-même, avec ses pairs et, pourquoi pas avec le Dieu créateur sous l’apparence de l’Ange. Il est seul, comme Jacob dans la nuit avant de passer le gué du Yabboq ; à l’image de celui du fils d’Isaac, son combat est exaltant : « La peinture me harcèle et me tourmente de mille manières », confie-t-il à son Journal au 1er janvier 1861 alors qu’il est en plein travail à Saint-Sulpice, « […] ce qui me paraissait de loin le plus facile à surmonter présente d’horribles et incessantes difficultés. Mais d’où vient que ce combat éternel, au lieu de m’abattre, me relève, au lieu de me décourager, me console ? ».

Bibliographie sélective

Maurice Sérullaz, Delacroix, Peintures murales, Paris, Ed. du Temps, 1963. Joyce C. Polistena, « Nouvelles sources pour le cycle des peintures murales de Delacroix à Saint-Sulpice » in Bulletin de la Société des Amis du musée de Delacroix, 2009, n° 7, p.25-38.

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