Musée National Eugène Delacroix
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Le fantôme sur la terrasse

Eugène Delacroix (1798-1863)

© RMN / R-G. Ojéda

Eugène Delacroix
(1798-1863)

MD 2002-58
1843
Lithographie ; 2e état
Don Société des Amis d’Eugène Delacroix, 2002
Feuille : H. 0,532 ; L. L. 0,347
Trait carré : H. 0,257 m ; L. 0,190 m
Signé en bas à droite : Eug. Delacroix 1843

Cette gravure fait partie de la suite que Delacroix entreprit entre 1834 et 1843 pour illustrer la célèbre pièce de Shakespeare, Hamlet et se rapporte à la scène V du premier acte. Hamlet a suivi le fantôme qui lui révèle son identité et les circonstances véritables de sa mort : il a péri assassiné par son frère avec la complicité de son épouse. Le spectre demande vengeance à son fils.

 

La suite d’Hamlet

La réalisation de la suite des seize lithographies pour illustrer Hamlet, que Delacroix entreprit de sa propre initiative en 1834, fut une aventure à rebondissements. Après un début sans histoire, l’artiste interrompit son travail en 1836, trop absorbé par ses chantiers du palais Bourbon et du palais du Luxembourg. D’après sa correspondance, il s’y remit au printemps 1842, peut-être poussé par des ennuis de santé qui l’incitèrent à se rabattre sur une activité moins fatigante. En juin 1843, les premières épreuves étaient prêtes, imprimées par Villain, et Delacroix demanda à son ami Pierret de sonder l’éditeur Gihaut. En fait, sur les seize compositions réalisées, dont les pierres se trouvent également au musée national Eugène Delacroix, il n’en choisit que treize ; les trois scènes ainsi éliminées furent néanmoins publiées après sa mort.

Scène V, acte I

Le fantôme sur la terrasse illustre la scène V du premier acte, dont deux autres scènes ont retenu l’attention du graveur : La reine s’efforce de consoler Hamlet (scène II) et Hamlet veut suivre l’ombre de son père (scène IV). Delacroix s’est concentré sur la première partie de la scène, où Hamlet reconnaît son père, mais l’attitude des deux personnages pourrait aussi s’appliquer au moment où le spectre dit adieu à Hamlet (la citation primitivement retenue était d’ailleurs prise dans les deux passages). La mise en page adoptée ici se retrouve dans presque toutes les gravures : deux ou trois personnages, rarement plus, un décor réduit à l’essentiel, un cadrage resserré sur les figures de façon à mettre en valeur les expressions ou les attitudes.

En dépit des efforts de Delacroix, l’accueil réservé à cette suite fut plutôt négatif. De nos jours, elle compte toutefois parmi les créations importantes de l’artiste, l’une de celles où il mit l’essentiel de son âme.

Documentation

Loys Delteil, Susan Strauber, Eugène Delacroix. The Graphic Work. A Catalogue Raisonné, San Francisco, 1997, n°105, p. 260.

Barthélémy Jobert, in Delacroix, le trait romantique, catalogue exposition Bibliothèque Nationale de France, 1998, p. 119, n°120 a..

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