Musée National Eugène Delacroix
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Méphistophélès dans les airs

Eugène Delacroix (1798-1863)

© Musée du Louvre / H. Bréjat

Eugène Delacroix
(1798-1863)

MD 2004-15
1826
Lithographie sur papier bleu ; 1er état
Ancienne collection Alexis Rouart
Achat, 2004
Feuille : H. 0,398 m ; L. 0,287 m.

Entre 1826 et 1827, Delacroix réalise à la demande de l’éditeur parisien Charles Motte, une suite de dix-sept lithographies pour illustrer le Faust de Goethe qui venait d’être traduit en français par Albert Stapfer. Celle-ci est la première planche : Méphistophélès, toutes ailes déployées, vole au dessus de la ville plongée dans les ténèbres. D’emblée Delacroix montre que son personnage clef est bien Méphistophélès, figure démoniaque, héros romantique par excellence, et situe l’action dans une atmosphère fantastique.

 

Connue de toute l’Europe depuis la fin du XVIe siècle, l’histoire légendaire de Faust -l’homme qui vendit son âme au diable-, acquit un regain de popularité avec la pièce de Goethe, publiée à Tübingen en 1806.

En 1823, le jeune Albert Stapfer (1802 - 1892) en donne la première traduction en français. Deux ans plus tard, Gérard de Nerval (1808-1855) propose une nouvelle traduction plus poétique. Dès 1824, Delacroix confie dans les pages de son Journal son désir de traiter le sujet. Lors de son séjour en Angleterre (mai-août 1825), le peintre est profondément marqué, lors d’une représentation théâtrale sur ce thème, le 24 juin à Londres au théâtre royal de Drury Lane, par l’interprétation tragi-comique du personnage de Méphistophélès donnée par le comédien Daniel Terry. Aussi, est-ce sans doute avec grand intérêt qu’il accepte la proposition de Charles Motte. Paru en 1828, le livre ne remporta malheureusement pas un franc succès. Goethe cependant en loua la qualité de l’imagination : « M. Delacroix a surpassé ma propre vision, combien à plus forte raison, les lecteurs trouveront tout cela vivant et supérieur à ce qu’ils se figurait » (Conversations de Goethe avec Eckermann, Paris, 1988, p. 171-172).

Le musée Delacroix conserve l’exemplaire personnel de Delacroix ainsi que l’ensemble de la série lithographique éditée en planches isolées. Le papier coloré était réservé à certains tirages précieux. Cette épreuve provient de la prestigieuse collection d’Alexis Rouart (1839-1911), réputée pour la qualité de ses pièces.

Documentation

Loys Delteil, Susan Strauber, Eugène Delacroix. The Graphic Work. A Catalogue Raisonné, San Francisco, 1997, p. 150-151.

Arlette Sérullaz (introduction), Michel Butor (postface), Goethe. Faust. Illustrations Eugène Delacroix. Traduction Gérard de Nerval, Paris, 1997.

Barthélémy Jobert, in Delacroix, le trait romantique, catalogue exposition Bibliothèque Nationale de France, 1998, p. 105, n°58.

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