Musée National Eugène Delacroix

Nègre au turban

Eugène Delacroix (1798-1863)

© RMN / F. Raux / R-G. Ojéda

Eugène Delacroix
(1798-1863)

RF 32 268
Pastel
Achat par l’Etat auprès de la Société des Amis de Delacroix, 1953
Dépôt du musée du Louvre, département des Arts graphiques
H. 0,470 m ; L. 0,380 m

Delacroix a fait usage du pastel pratiquement tout au long de sa vie, depuis les années 1820, sans doute initié à cette technique par son ami, le baron Louis-Auguste Schwiter (1805-1889) ou par Jules-Robert Auguste (1789-1850).

Ce pastel aux tons chauds a probablement été exécuté au moment où Delacroix travaillait à La Grèce sur les ruines de Missolonghi (1826, Bordeaux, musée des Beaux-Arts). Il a pu être utilisé pour le soldat noir apparaissant à l’arrière-plan à droite du tableau.

 

A l’instar de Théodore Géricault, qui a fréquemment représenté des noirs autour des années 1817-1818, Delacroix, sans conférer à ses études la même connotation héroïque ou polémique, a quelque temps travaillé avec un modèle noir. Il l’a revêtu ici d’une veste provenant peut-être des collections d’habits rapportés précisément par Auguste de ses voyages au Moyen-Orient et que celui-ci prêtait volontiers aux artistes qui fréquentaient son atelier. Le musée Delacroix possède une veste assez semblable.

Le soldat noir en arrière-plan...

Cette étude a pu être utilisée pour le soldat noir apparaissant à l’arrière-plan, à droite, de La Grèce sur les ruines des Missolonghi (1826 - Bordeaux, musée des Beaux-Arts). Un certain nombre d’Egyptiens était venu grossir les troupes turques qui opposaient, durant le siège de Missolonghi en 1825, leurs 35 000 hommes aux 4 000 défenseurs héroïques de la cité. Delacroix aurait fait de son modèle, malgré la différence ethnique, un soldat nubien : une autre étude, tracée sur la page d’un carnet appartenant au musée du Louvre, le montre en pied.

Une technique totalement maîtrisée

Avec ce pastel, Delacroix témoigne d’une technique très aboutie. Le visage du personnage mis en valeur sur un fond blanc aux hachures rapides contraste avec l’aspect inachevé du vêtement esquissé sur le papier chamois. Le modelé du visage, dont le grain de la peau est admirablement suggéré par le fin mélange des craies du pastel, est accentué par quelques effets de blanc, lumineux comme les pastels clairs sur la torsade du ruban orangé.

Documentation

Maurice Sérullaz et collaborateurs, Inventaire général des dessins. Ecole française. Eugène Delacroix, Paris, 1984, n° 107, repr.

Lee Johnson, Delacroix Pastels, Londres, 1995, p.74, repr.

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