Musée National Eugène Delacroix
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Portrait d’Auguste-Richard de la Hautière

Eugène Delacroix (1798-1863)

© RMN / F. Raux / R-G. Ojéda

Eugène Delacroix
(1798-1863)

Huile sur toile
1828
Achat (avec la participation de la Société des Amis du musée national Eugène Delacroix), 2000
Signé en bas à gauche : Eug. Delacroix (la signature est peu lisible)
MD 2000-9

Ce tableau fait partie de la série dite portraits de la pension Goubaux, commandée à Delacroix par Prosper Goubaux (1795-1859), cofondateur et directeur de l’Institution Saint-Victor (aujourd’hui collège Chaptal). Dix portraits des élèves ayant remporté des prix au Concours général auraient ainsi été réalisés par Delacroix entre 1824 et 1834.

Celui d’Auguste-Richard de la Hautière, retrouvé en 1998 et acquis par le musée en 2000, montre, par le charme de sa facture, un aspect moins connu de l’art de Delacroix.

 

Les portraits de la pension Goubaux

Goubaux et Delacroix s’étaient connus au lycée Louis-le-Grand. Ils se retrouvèrent le 1er janvier 1824 et c’est probablement à la suite de cette rencontre que Goubaux, qui avait fondé quatre ans plus tôt son institution, voulut avoir les portraits de ses élèves lauréats au Concours général.

Dix portraits auraient ainsi été réalisés, entre 1824 et 1834, destinés à orner le salon de réception, à savoir les portraits d’Abel Widmer (1824, Londres, National Gallery), Désiré Pellerin (non localisé), Auguste-Richard de la Hautière (1828, Paris, musée Eugène Delacroix), Eugène Berny d’Ouville (1828, Philadelphia Museum of Art), Amédée Berny d’Ouville (1830, Fundaçao Medeiros e Almeida, Portugal), Achille Schmitz (non localisé), Louis Judicis de Mirandol (non localisé), Auguste-Edmond Petit de Beauverger (vers 1832-1833 ; vente, Christie’s, Londres, 21 novembre 1996, n°106, repr.), Heurtaux (non localisé), et Bellinger (Douai, musée de la Chartreuse).

"Ma triste, chétive et insignifiante figure..."

Le portrait d’Auguste-Richard de la Hautière a été redécouvert en 1998 et acquis en 2000 par le musée Delacroix grâce à la participation de la Société des Amis du musée. Du modèle, on sait grâce aux renseignements donnés par lui en 1877 à Alfred Robaut, qui travaillait alors au catalogue complet de l’œuvre de Delacroix (publié en 1885), qu’il avait remporté le 2d prix de version latine au Concours général de 1828. La Hautière envoya à Robaut une petite photographie du tableau en témoignage de reconnaissance à la mémoire de son ancien et vénéré maître " et à la bonté qu’eut M. Delacroix de mettre sur toile [sa] triste, chétive et insignifiante figure ".

Rapidement esquissé, le portrait retient l’attention par la vivacité des traits du jeune garçon et la chaude coloration de sa chevelure ébouriffée. Le fond de paysage sur lequel se détache la silhouette juvénile du modèle atteste par ailleurs l’influence des paysagistes anglais qui travaillèrent aux côtés de Delacroix dans les années 1820-1825.

Documentation

Lee Johnson, The Paintings of Eugène Delacroix. A Critical Catalogue, Volume I, Oxford, 1986, n° 73, pl. 65 ; Fourth Supplement and Reprint of Third Supplement, Oxford, 2002, p.3, n° 73, repr. 1.

Arlette Sérullaz, « Le portrait d’Auguste-Richard de la Hautière », in Bulletin de la Société des Amis du musée Eugène Delacroix, n°1, janvier 2003, p.6-9, repr. sur la couverture et p.6

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